Les Larmes du Lion
Les larmes du vin, ce sont ces fines gouttelettes qui redescendent lentement sur les parois du verre après y avoir fait tournoyer le vin. Le lion, c’est celui de Suduiraut, château bordelais du Sauternais.
Quoi de plus beau comme nom de dessert alors pour un entremets qui réunit trois de mes saveurs préférées, la poire, la vanille et donc le Sauternes.
J’avais déjà construit une première version de cet entremets lors des fêtes de fin d’année 2022. Et puis les photos vieillisse, les idées changent, les techniques évoluent, et donc l’envie de lui donner une seconde jeunesse devient trop forte.
Composition :
Variations autour de la poire et de la vanille :
Conseils et Organisation

- Préparez les poires pochées.
- Préparez la gelée de poires pochées. Réservez au congélateur.
- Préparez le crémeux au Sauternes. Réservez au frais.
- Préparez la compotée de poires pochées. Réservez au frais.
- Préparez le croustillant et la dacquoises. Réservez à l’abri de l’humidité.

- Montez l’insert. Congelez huit heures.
- Préparez la crème bavaroise. Passez au montage.

- Laissez décongeler 6 h au frais.
Ingrédients & Matériel
Poires Pochées au Sirop de Sauternes :
- Lion de Suduiraut : 50 cl
- Eau : 50 cl
- Sucre : 200 g
- Les zestes et le jus d’une moitié d’orange
- Vanille : 1 à 2 gousses
- Poires comices : 4 petites
Gelée de Poires :
- Poires pochées : 4
- Sirop de pochage : 200 g
- Sucre pectiné :
- Sucre : 10 g
- Pectine 325NH95 : 5 g
- Masse gélatine : 15 g
- Gélatine (poudre) : 2,5 g
- Eau (hydratation) : 12,5 g
Crème Bavaroise à la vanille :
- Lait entier : 60 g
- Crème Liquide 35%MG ⑴ : 15 g
- Jaune d’œuf : 20 g
- Sucre : 20 g
- Une gousse de Vanille
- Extrait naturel de vanille : 1 c.à.c
- Masse gélatine : 18 g
- Gélatine en poudre : 3 g
- Eau d’hydratation : 15 g
- Crème liquide 35%MG ⑵ : 200 g
Streusel à la Noisette :
- Beurre : 21 g
- Vergeoise Brune : 21 g
- Poudre de Noisette : 21 g
- Farines de Riz : 9 g
- Amidon de Maïs : 9 g
- Fleur de sel : 1 pincée
Sablé Reconstitué :
- Streusel
- Noisettes : 27 g
- Chocolat au lait : 18 g
- Praliné Noisette : 30 g
Dacquoise Noisette et Vanille :
- Poudre de Noisettes : 45 g
- Sucre Glace : 45 g
- Blanc d’œuf : 55 g
- Sucre semoule : 12 g
- Vanille en poudre
Compotée de Poire à la Vanille :
- Purée de Poires : 150 g
- Jus de citron : 30 g
- Vanille de Madagascar : 1 gousse
- Sucre pectiné :
- Sucre : 30 g
- Pectine NH : 4 g
- Masse gélatine : 24 g
- Gélatine en poudre : 4 g
- Eau d’hydratation : 20 g
Crémeux Sauternes :
- Sauternes : 115 ml
- Crème liquide : 20 g
- Vanille : ½ gousse
- Jaune d’œuf : 20 g (1,5)
- Sucre semoule : 30 g
- Amidon de Maïs : 8 g
- Masse gélatine : 12 g
- Gélatine en poudre : 2 g
- Eau d’hydratation : 10 g
- Beurre : 50 g
Infusion Vanille :
- Lait crémé Vanillé :
- Lait : 120 g
- Crème liquide : 30 g
- Vanille : 1 gousse
- Crème Vanillée :
- Crème liquide : 200 g
- Vanille en poudre : 1 c.à.c
Crème anglaise collée :
- Lait crémé vanillé : 75 g
- Jaune d’œuf : 20 g
- Sucre : 20 g
- Extrait naturel de vanille : 1 c.à.c
- Masse gélatine : 18 g
- Gélatine en poudre : 3 g
- Eau d’hydratation : 15 g
Crème Bavaroise :
- Crème anglaise collée
- Crème Vanillée : 200 g
Le tout-venant :
- Cul-de-poule
- Couteau d’office
- Poêles & Casseroles
- Balance électronique
- Balance de précision (0,1 g)
- Rouleau à pâtisserie
- Fouet, Maryse & Spatules
- Corne & Coupe-pâte
- Thermomètre électronique
- Tapis de cuisson ou papier sulfurisé
- Film Plastique Alimentaire
Pour la recette :
Cercles, Moules & Récipients :
- Cercles à Entremets de Ø18 et 16 cm
Appareillages :
- Mixeur plongeant
- Robot pâtissier
- Batteur électrique
- Presse-agrume
Poche & Douilles :
- Poche à douille : 1
- Douille unie Ø8 : 1
Pas à Pas de la Recette
Vous trouverez dans les onglets suivants, les différentes recettes, techniques et autres conseils autour de certains produits spécifiques nécessaires à la recette :
Utilisation de la gélatine en poudre, de la pectine, fabrication d’un praliné, abaisse et cuisson d’une pâte, et bien d’autres encore.
Poudre ou feuille ? Cinq ou six fois le poids en eau ? 120 ou 100 blooms ? Bref, tout ce qu’il faut savoir sur la gélatine.
Le degré bloom représente la force ou résistance à l’enfoncement d’une gelée, d’un gel ou d’une solution de gélatine. Les produits achetés dans le commerce (feuille ou poudre) sont compris entre 50 et 300 blooms (la plupart du temps 200 blooms). Plus le bloom est important, plus la gélification sera importante (à masse équivalente).
Calculer la masse de gélatine en fonction du bloom :
Si une recette vous demande 2 g (masse proposée) de gélatine 130 bloom (bloom proposé), mais que vous possédez une gélatine 200 blooms (bloom possédé), il suffit d’effectuer ce calcul (qui n’est pas, à proprement parlé, une règle de trois) pour trouver la masse à peser (masse cherchée) :
La masse de gélatine en feuille correspond à la masse de gélatine en poudre (à bloom équivalent). La seule différence entre les deux types de gélatine est son emploi :
- La gélatine en poudre se réhydrate dans cinq fois sa masse en eau.
- La gélatine en feuille se réhydrate dans un grand volume d’eau froide (puis pressée et essorée).
La gélatine en feuille doit être réhydratée dans un grand volume d’eau froide (et même glacé si possible). On la laisse gonfler 15 min puis on la presse entre les mains et on l’essore pour l’introduire dans une préparation chaude (mais pas bouillante) ou on la fait fondre délicatement dans une casserole.
Une feuille pèse habituellement 2 g, cependant il est préférable de peser la feuille de gélatine, car tous les fabricants ne se valent pas.
La masse gélatine est le nom donné au mélange entre la gélatine en poudre et l’eau servant à sa réhydratation. Contrairement à la gélatine en feuille qu’on réhydrate dans un grand bol d’eau froide, la gélatine en poudre nécessite une pesée précise de l’eau.
La méthode en pas à pas
Préparez la masse gélatine en mélangeant la gélatine en poudre et l’eau d’hydratation. Laissez gonfler au frais.
Au bout d’un bon quart d’heure, faites fondre la gélatine au bain-marie, filtrez puis replacez au frais. Vous pouvez alors utiliser la masse gélatine soit fondue à nouveau au bain-marie, soit solide coupée en morceaux.
Ma préférence (à moi) va à la gélatine refondue, elle s’incorpore plus facilement et surtout, de façon plus homogène.
La gélatine en poudre se réhydrate préférentiellement dans cinq fois sa masse en eau et non six fois comme on le voit très souvent.
La raison en est toute simple. Une fois la préparation décongelée, quelle qu’elle soit, elle va avoir tendance à rendre de l’eau. En ne la réhydratant qu’avec cinq fois sa masse en eau, la gélatine va pouvoir absorber ce surplus d’eau, ce qu’elle ne pourrait pas faire si on l’avait réhydratée avec six fois sa masse en eau.
La crème anglaise, par tradition, doit obligatoirement être faite avec du lait et non un mélange de crème et lait, ou uniquement de crème. Cependant, rien n’empêche l’utilisation de cette dernière. La crème sera plus riche et un peu plus épaisse.
Quoi qu’il en soit, la quantité ne change pas, ici 250 g. Par exemple, 125 g de lait et 125 g de crème. Etc.
Celle-ci doit se faire avec précaution ! Toute la difficulté réside à ne pas dépasser la température de 84 °C.
On parle souvent de la coagulation de l’œuf pour répondre à la question. C’est vrai, mais un peu incomplet. Voire d’éviter la coagulation de l’œuf. Ça par contre, c’est faux. L’œuf est constitué de blanc et de jaune. Ces deux éléments contiennent des protéines qui coagulent à des températures différentes :
- Le blanc, seul, commence sa coagulation à 60 °C et devient solide à 65 °C.
- Le jaune, seul, commence sa coagulation à 62 °C et devient solide à 70 °C.
- L’œuf entier coagule à environ 69 °C.
70 °C pour le jaune. Mais alors du coup, 84 °C, on est un peu foutu si on va jusqu’à cette température ?!
Bein non, car il se trouve que le jaune ne cuit pas tout seul. Le lait ou la crème qui l’accompagnent, grâce aux matières grasses qu’ils contiennent, retarde sa coagulation qui se situe désormais aux alentours de 80 °C.
Mais les œufs ne sont pas les seuls à contenir des protéines, le lait et la crème aussi. Et celles-ci terminent également leur coagulation aux alentours de 80 °C. D’où la nécessité de poursuivre jusqu’à cette température.
Mais alors que se passe-t-il si on dépasse 84 °C ? La crème anglaise va commencer à grainer, les protéines du lait et des jaunes se solidifiant en petites particules. Et là, c’est foutu. Bien que l’on puisse la rattraper en lui donnant un coup de mixeur plongeant, ce qui aura pour effet de lui rendre son côté lisse. Mais elle perdra son onctuosité et sera trop fluide.
Pour une sauce ça passe. Pour réaliser une crème bavaroise par contre, c’est un peu limite. Il vaut mieux recommencer.
Le pourquoi du 84 °C expliqué ci-dessus, comment alors mettre toutes les chances de son côté ?
Règle n°1 : Mélange et Vannage sont les deux mamelles de la crème anglaise
Pour commencer, quelle que soit la technique, on opte pour une cuisson douce à petit feu. Ensuite, on mélange constamment et pas juste de temps en temps. Traditionnellement à la spatule en bois, mais une spatule en exoglass ou plastique fera parfaitement l’affaire. Et en vannant. C’est-à-dire en mélangeant en formant des 8, pour que la crème soit uniformément cuite.
Règle n°2 : Cuisson directe ou indirecte ?
Si on travaille avec de petites quantités (moins de 150 g de lait), il est préférable de cuire la crème au bain-marie plutôt que directement sur le feu. Avec une grande casserole, l’épaisseur de liquide étant trop faible, la crème chaufferait trop rapidement. À l’inverse, avec une casserole toute petite, il deviendrait difficile de mélanger convenablement.
Règle n°3 : Contrôler la température
Pour contrôler la température, deux options :
- Le thermomètre de cuisson. Aujourd’hui, on en trouve très facilement en grande surface pour des sommes relativement modique (une quinzaine d’euros). Je ne peux que vous encourager à en faire l’acquisition si vous souhaitez vous lancer dans quelques réalisations pâtissières.
- La Cuisson à la Nappe. Si on ne possède pas de thermomètre, c’est là que la spatule en bois a son utilité. La cuisson à la nappe signifie qu’on cuit la crème jusqu’à ce qu’elle nappe la spatule. Avec le doigt, on trace alors un sillon dans la crème nappant la spatule. Si la crème recouvre le sillon, alors la cuisson n’est pas finie. Au contraire, si le sillon reste propre, alors, il est temps de s’arrêter.
Visuellement, une méthode permettant de savoir quand on arrive à la bonne température consiste à observer qu’au cours de la cuisson une mousse se forme sur le dessus de la crème. Lorsqu’on atteint la température voulue, cette mousse disparait.
Mais ça reste assez empirique.
Achetez un thermomètre.
La crème liquide doit respecter certaines conditions :
- Elle doit, au moment du montage, être très froide. Il faut donc qu’elle passe plusieurs heures au frigo et le mieux, 15 à 20 min au congélateur juste avant le fouettage.
- Elle doit contenir au moins 30 % de matière grasse. Les professionnels utilisent une crème à 35 % de matières grasses au minimum. Elles sont plus difficiles à se procurer, mais vous pouvez en trouver à Grand Frais ou dans certains supermarchés. J’utilise en priorité la crème liquide de mon crémier du marché de Corbeil-Essonnes, Raphaël Grémont, puis les crèmes liquides Elle & Vire et Montaigu (toutes deux à 35 % de matière grasse).
La crème fouettée est nature, elle n’est pas sucrée. Cependant, vous pouvez ajouter une petite quantité de sucre (environ 5 g) pour casser le côté aigre de la crème. Pour une crème Chantilly (sucrée), le taux de sucre doit être d’au moins 15 % en masse de sucre (soit 15 g de sucre pour 100 g de crème liquide, mais 10 % suffisent amplement).
Pour le type de sucre, privilégiez le sucre glace qui sera plus facile à dissoudre dans la crème. Cependant, rien ne vous empêche d’utiliser un sucre en poudre, complet, rapadura, etc.
C’est au choix. Elle est sublime, magnifiée par une belle gousse de vanille, pleine de fraîcheur avec des zestes de citron, gourmande avec un peu de chocolat fondu (attention à la température du chocolat au moment de son incorporation), épicée avec la tonka ou la cannelle. Bref, les possibilités sont infinies.
Pour une meilleure aromatisation, il est conseillé de commencer la veille en faisant bouillir la crème puis en ajoutant l’arôme (sauf pour le chocolat) puis de laisser reposer au frais filmé pour la nuit. Ne reste plus alors qu’à fouetter la crème le lendemain.
Si vous utilisez un robot, foisonnez à vitesse modérée. C’est plus long, mais cela permettra d’obtenir une crème qui aura plus de tenue et qui n’aura pas tendance à se déstructurer au bout d’un certain temps. Veillez à ne pas trop foisonner la crème. Elle aurait alors tendance à trancher et à se transformer en beurre. Ce qui est très bon, je vous l’accorde, mais ce n’est pas le sujet de l’article. Par contre, c’est le sujet de celui-ci.
La crème est une émulsion de petites gouttelettes de gras dans de l’eau. S’il ne s’agit pas ici de réaliser une émulsion (elle est déjà là), l’objectif est d’introduire une grande quantité d’air pour augmenter le volume de la crème. Le taux de foisonnement, qui représente le rapport entre le volume final de la crème fouettée et le volume initial de la crème liquide, ne doit pas excéder 3,5.
Le fait que la crème soit bien froide et grasse va favoriser la formation d’un réseau de petites gouttelettes de gras qui vont emprisonner les bulles d’air introduites. La crème aura de la tenue. Reste à savoir comment fouetter ! Car on ne fouette pas la crème n’importe comment à la main.
- Au robot, c’est facile, il suffit de laisser tourner le fouet à petite vitesse pour laisser le temps aux gouttelettes de gras de former un réseau solide.
- Mais à la main, cela demande un peu d’entraînement et de foisonner la crème en la cisaillant et non en tournant le fouet dans le saladier. Cette action de cisaillement va privilégier l’introduction de l’air dans la crème (le fouet et la crème vont en sens inverse).
Incorporer une crème fouettée à un appareil :
Ingrédients :
- Appareil (Crème anglaise, fromage blanc, ganache, etc.)
- Crème fouettée
Technique en vidéo :
Commencez par monter votre crème au robot à vitesse modéré en évitant un foisonnement trop important. La crème doit avoir une texture mousseuse mais pas trop ferme pour pouvoir s’incorporer dans l’appareil.
Ajoutez l’équivalent d’une cuillère à soupe de crème fouettée dans l’appareil puis mélangez au fouet pour former une texture à mi-chemin entre la mousse et l’appareil.
Incorporez délicatement le reste de la crème fouettée en trois fois à la maryse en soulevant la masse de bas en haut.

Filmer un cercle consiste à tendre un film plastique alimentaire sur le fond d’un entremets pour pouvoir réaliser un montage à l’envers de ce dernier. Cela permet d’éviter le contact de la mousse avec le plateau sur lequel vous posez le cercle.
La technique :
Matériel :
- Cercle ou cadre
- Film plastique alimentaire
- Bande de rhodoïd
Posez le cadre ou le cercle sur une tourtière adaptée puis apposez-y une bande de papier film sur le dessus (qui deviendra de fait le dessous). Sans retourner le cercle, commencez à tendre le film sur les bords du cercle en le tirant vers le bas.
Retournez le cercle pour que le film soit au contact de la tourtière, puis continuez de tendre le film, mais cette fois-ci vers le haut. Continuez de tendre des deux côtés de manière à supprimer les petits plis éventuels sur le fond.
Découpez une bandelette de papier guitare (ou rhodoïd) de la taille du tour de votre cercle. Graissez légèrement l’une de ses faces puis collez cette face graissée aux parois internes du cercle. Cette bande a pour objectif de retirer plus facilement le cercle une fois la mousse prise (surtout dans le cas des entremets non congelés).
Le montage à l’envers est adapté pour les entremets nécessitant un passage au congélateur pour pouvoir placer les différents inserts. Notamment lorsque la mousse est trop liquide une fois fabriquée pour supporter les différentes couches.
Recette :
Ingrédients :
- Mousse (Crème Bavaroise, Diplomate, Ganache Montée, etc.)
- Insert (Crémeux, Confit, Gelée, etc.)
- Biscuit (Génoise, Moelleux, Dacquoise, etc.)
Commencez par filmer le cercle à entremets et placez une bande de rhodoïd sur les parois internes du cercle pour faciliter le démoulage.
Coulez la moitié de la mousse dans le cercle puis, à l’aide d’une spatule, remontez la mousse sur les parois. Cela a pour but de minimiser la présence de bulles d’air sur les bords et assurer un rendu lisse.
Lissez le fond de l’entremets pour obtenir un tapis de mousse plat puis déposez l’insert. Appuyez légèrement sur l’insert pour faire remonter la mousse sur les bords.
Coulez à nouveau de la mousse sur l’insert puis déposez le biscuit et appuyez de nouveau. Le biscuit doit arriver à la surface de l’entremets. Lissez une dernière fois pour obtenir un rendu net puis entreposez au moins 4 h dans le congélateur.
Le tapissage au pinceau est adapté aux entremets montés dans des moules silicones possédant des motifs en reliefs. Tout comme le lissage, il permet de prévenir l’apparition de bulle d’air et d’obtenir un rendu plus lisse (enfin en théorie).
La technique
Glacer un entremets consiste à appliquer une fine couche de glaçage (au chocolat, au fruit, au sucre, etc.) sur un entremets ou un dessert, le plus souvent congelé, température permettant de refroidir très rapidement le glaçage (coulé aux alentours de 35 °C).
Si la recette est assez simple puisqu’il s’agit grosso modo de réaliser une ganache, toute la difficulté se situe au niveau de la finition du glaçage, au moment de le mixer, au mixeur plongeant, pour le lisser. Car il faut veiller à ne pas lui incorporer de l’air au risque de voir apparaitre de petites bulles qui donneraient alors un mauvais effet sur la finition de votre entremets !
Pour cela, il est conseillé de prendre un mixeur plongeant qui ne possède pas de cloche (la lame est en contact direct avec l’air). Problème, ce genre de mixeur est assez cher, comptez plus d’une centaine d’euros… ! Or tout le monde n’a pas forcément envie d’investir autant pour un ustensile qu’on peut trouver moins cher.
Alors comment faire ?
- Premièrement, il s’agit, une fois réalisé, de placer votre glaçage dans un récipient haut et étroit (un verre doseur par exemple) et de préférence un peu chaud, pour maintenir le glaçage à température (voir le point suivant). Que vous soyez en possession d’un mixeur avec ou sans cloche d’ailleurs.
- Ensuite, il faut délicatement introduire le mixeur en le penchant pour minimiser le risque de créer une cavité d’air entre la cloche et la lame.
- Mixez alors à petite vitesse durant une à deux minutes sans faire effectuer au mixeur des mouvements de va-et-vient. Ne bougez le mixeur que lorsque vous ne l’enclenchez pas !
Utilisez le glaçage sur l’entremets congelé lorsque celui-ci se trouve dans une plage de température entre 33 et 37 °C.
- Au-dessus, il risque d’être trop chaud pour votre entremets encore congelé.
- En dessous, il risque de manquer de fluidité.
- Disposez une grille à pâtisserie sur une plaque de four ou tout autre récipient capable de recueillir le glaçage. Placez la plaque auparavant dans un four préchauffé à 40 °C environ pour que le glaçage ne fige pas trop à son contact.
- Déposez l’entremets (congelé ou non) sur la grille.
- Cassez légèrement à la spatule les bords de vos entremets cadrés (cercles, carrés) pour faciliter l’écoulement sur les côtés du glaçage.
- Versez le glaçage sur l’entremets en partant du centre vers les extérieurs en un mouvement circulaire.
- Récupérez du glaçage éventuellement dans la plaque pour en rajouter sur l’entremets.
- Le geste est difficile, mais pour éviter une surcouche de glaçage sur le dessus, lissez-le à l’aide d’une spatule droite suffisamment longue pour recouvrir l’entremets. Partez d’un bord, la spatule bien à plat, posée délicatement et sans être « trop » appuyée dessus, puis lissez d’un coup sec vers l’autre bord en maintenant la spatule bien à plat.
- Laissez figer quelques instant le glaçage puis passez une spatule droite dessous pour casser les « stalactites » de chocolat qui se sont formées sur la grille.
- Il ne vous reste plus qu’à entreposer votre entremets sur le plat de service ou sur un carton à dessert et le laisser décongeler, soit à température ambiante, soit au frais en fonction du temps que vous avez (en durée ou en température extérieure d’ailleurs, ça marche dans les deux sens du mot !).
L’effet velours (ou flocage) est une technique consistant à pulvériser un mélange de chocolat fondu et de beurre de cacao sur un entremets, obligatoirement congelé.
Le résultat permet d’obtenir un aspect élégant et « perlé », ce qui change un peu du glaçage classique. Il permet également de désucrer considérablement la décoration de l’entremets en évitant la surcharge sucrée du glaçage.
La préparation du flocage :
Ingrédients :
- Chocolat noir, lait, blanc
- Beurre de cacao
Préparez le matériel en réchauffant au four ou au micro-ondes un pot permettant d’être introduit dans la cuve du pistolet (la cuve est généralement trop grande et cela permet d’obtenir une hauteur convenable du glaçage).
Le fait de chauffer le pot permet de ralentir le refroidissement du glaçage. Vous pouvez également former un bain-marie en versant un fond d’eau chaude dans la cuve du pistolet avant de placer le pot avec le glaçage.
Faites fondre le chocolat et le beurre de cacao dans un bain-marie. Nul besoin d’obtenir une température précise comme pour un glaçage, l’idée ici est d’avoir un mélange chaud (40/50 °C) et de faire en sorte qu’il le reste durant tout le flocage.
Lorsque le mélange est homogène, ajoutez éventuellement le colorant puis versez dans le pot réchauffé placé lui-même dans la cuve du pistolet.
L’utilisation du flocage :
Ingrédients et Matériel :
- Pistolet à peinture
- Mélange Chocolat Beurre
Déposez l’entremets congelé sur un piédestal, lui-même posée sur un plateau tournant.
Commencez à pulvériser à côté de l’entremets pour vérifier et régler la vitesse du flux de flocage (et pour éviter les premiers crachats sur l’entremets). Floquez l’entremets en tournant le plateau et en effectuant des mouvements de gauche à droite tout en restant à une vingtaine de centimètres de l’entremets.
Évitez de donner de petits coups de pistolet par-ci par-là ni d’avoir le doigt appuyé sur la détente pendant tout le flocage (on n’est pas au far-west). Placez au choix l’entremets au frais pour la décongélation ou au congélateur (l’effet velours a l’avantage de bien tenir au congélateur).
Nettoyez en suivant votre salle-de-bain/lave-vaisselle/cuisine/jardin (mais là, vous êtes un peu maniaque).
Le sucre « pectiné » est un simple mélange de sucre et de pectine. Il permet d’éviter la formation de grumeaux lors de l’incorporation de la pectine dans la préparation. Il s’introduit dans un liquide chaud, mais pas bouillant (aux alentours de 50 °C).
La méthode en pas à pas :
Pesez précisément la pectine puis ajoutez le sucre. Mélangez au fouet pour bien la disperser dans le sucre.
Faites chauffer votre préparation. Lorsqu’elle est suffisamment chaude, ajoutez le sucre pectiné et fouettez vivement pour bien la dissoudre. Portez à ébullition et maintenez cette dernière une dizaine de secondes.
La pectine jaune est un gélifiant qu’on utilise pour les pâtes de fruits. Elle donne un résultat plus ferme que la pectine NH, ce qui est l’effet recherché pour une pâte. Elle s’utilise comme sa cousine en la mélangeant préalablement avec une partie du sucre pour éviter qu’elle ne fasse des grumeaux.
Propriétés :
- Elle est non réversible. Si vous faites réchauffer la pâte de fruits, elle ne resolidifiera pas.
- Pour qu’elle agisse, il est nécessaire d’être en milieu acide, d’où l’utilisation de jus de citron.
- Son action est lente. Il faut prévoir un temps de « séchage » d’une journée avant de découper la pâte de fruit.
Ingrédients :
Streusel à la Noisette :
- Beurre : 21 g
- Vergeoise Brune : 21 g
- Poudre de Noisette : 21 g
- Farines de Riz : 9 g
- Amidon de Maïs : 9 g
- Fleur de sel : 1 pincée
Sablé Reconstitué :
- Streusel
- Noisettes : 27 g
- Chocolat au lait : 18 g
- Praliné Noisette : 30 g
Réalisez le streusel en mélangeant le beurre pommade avec l’ensemble des ingrédients. Étalez entre deux feuilles de papier sulfurisé sur une fine épaisseur puis enfournez 20 min à 160 °C. Laissez refroidir puis hachez grossièrement au couteau.
Faites fondre le chocolat au bain-marie avec le praliné. Dans la cuve d’un robot mixeur, placez les noisettes préalablement concassées, le streusel haché et le chocolat praliné. Mélangez puis versez immédiatement dans un cercle de 16 cm de diamètre.

Ingrédients :
- Poudre de Noisettes : 45 g
- Sucre Glace : 45 g
- Blanc d’œuf : 55 g
- Sucre semoule : 12 g
- Noisettes torréfiées hachées
Montez les blancs en neige mousseuse en les serrant progressivement avec le sucre semoule. Mélangez le sucre glace et la poudre de noisettes et tamisez-les.
Versez un tiers des blancs en neige dans le mélange de poudre et mélangez au fouet pour obtenir une texture souple plus facile à incorporer au reste. Ajoutez les deux autres tiers un par un en mélangeant délicatement à la maryse.
Dressez sur une feuille de papier cuisson, parsemez d’éclats de noisette torréfiés puis enfournez 10 min à 180 °C. Détaillez un biscuit de 16 cm et déposez-le sur le sablé reconstitué.
Ingrédients :
- Lion de Suduiraut : 50 cl
- Eau : 50 cl
- Sucre : 200 g
- Les zestes et le jus d’une moitié d’orange
- Vanille : 1 à 2 gousses
- Poires comices : 4 petites
Portez l’ensemble des ingrédients, à l’exception des poires, à ébullition puis baissez le feu et maintenez à frémissement.
Ajoutez les poires préalablement épluchées et évidées. Pochez les poires une vingtaine de minutes. Mixez le sirop au chinois muni d’une étamine pour qu’il soit le plus limpide. Réservez.
Mixez trois poires et coupez la quatrième en cubes de même épaisseur (aidez-vous de règles pour fixer la haute, environ 0,5 cm).
Ingrédients :
- Purée de Poires : 150 g
- Jus de citron : 30 g
- Vanille de Madagascar : 1 gousse
- Sucre pectiné :
- Sucre : 30 g
- Pectine NH : 4 g
- Masse gélatine : 24 g
- Gélatine en poudre : 4 g
- Eau d’hydratation : 20 g
Chauffez la purée de poires pochées avec le jus de citron et la gousse de vanille fendue et grattée. Ajoutez le sucre pectiné et portez à ébullition. Maintenez une minute.
Hors du feu, ajoutez la masse gélatine puis coulez en bac et filmez au contact. Laissez refroidir puis placez au frais une nuit. Le lendemain, mixez le gel obtenu et réservez au frais.
Ingrédients :
- Poires pochées : 4
- Sirop de pochage : 200 g
- Sucre pectiné :
- Sucre : 10 g
- Pectine NH : 5 g
- Masse gélatine : 15 g
- Gélatine en poudre : 2,5 g
- Eau d’hydratation : 12,5 g
Chauffez le sirop puis ajoutez le sucre pectiné et portez à ébullition. Maintenez une minute puis hors du feu, ajoutez la masse gélatine.
Dans un cercle filmé de 16 cm de diamètre, déposez dans le fond quelques cubes de poires pochées puis coulez délicatement la gelée de façon à recouvrir les poires. Délicatement, placez au frais jusqu’à prise de la gelée puis au congélateur.
Ingrédients :
- Sauternes : 115 ml
- Crème liquide : 20 g
- Vanille torréfiée : ½ gousse
- Jaune d’œuf : 20 g (1,5)
- Sucre semoule : 30 g
- Amidon de Maïs : 8 g
- Masse gélatine : 12 g
- Gélatine en poudre : 2 g
- Eau d’hydratation : 10 g
- Beurre : 50 g
Portez le vin jaune, la vanille et la crème à ébullition. Filmez et laissez infuser 20 min à T° Amb. Faites blanchir les jaunes avec le sucre et l’amidon.
Reportez à ébullition les liquides et versez sur les œufs blanchis. Portez à nouveau à ébullition et maintenez-la une petite minute en remuant constamment.
Hors du feu, ajoutez la masse gélatine puis le beurre aux alentours de 60 °C. Placez dans un bac et filmez au contact. Réservez au frais pour la nuit.
Ingrédients :
- Le sablé reconstitué
- Le biscuit dacquoise
- Le crémeux au Sauternes
- La compote de poires pochées
Détendez le crémeux et placez-le dans une poche munie d’une douille ⌀8 cm. Pochez le crémeux au Sauternes sur le biscuit dacquoise (sur une épaisseur d’environ 1 cm) puis lissez à la palette.
Détendez la compote et placez-la dans une poche munie d’une douille ⌀8 cm. Pochez la compote sur le crémeux (sur une épaisseur d’environ 0,5 cm) puis lissez à la palette.
Placez au congélateur jusqu’à complet durcissement.
Ingrédients :
- Lait crémé vanillé : 75 g
- Jaune d’œuf : 20 g
- Sucre : 20 g
- Extrait naturel de vanille : 1 c.à.c
- Masse gélatine : 18 g
- Gélatine en poudre : 3 g
- Eau d’hydratation : 15 g
Réchauffez doucement le lait crémé vanillé avec l’extrait naturel de vanille puis versez-le sur les jaunes battus avec le sucre. Reportez dans la casserole.
Faites cuire à nouveau en portant l’appareil à 83 °C (cuisson à la nappe). Hors du feu, incorporez la masse gélatine. Faites retomber la température à 20 °C en mélangeant de temps à autre.
Quand la crème anglaise avoisine les 30 °C commencez à foisonner la crème liquide pour obtenir une crème fouettée mousseuse. Réservez au frais le temps que le mélange précédent arrive à 20 °C. Incorporez alors la crème fouettée en trois fois dans la crème anglaise (une première fois au fouet, les deux suivantes, délicatement à la maryse).
Déposez la gelée de poires et Sauternes au centre du cercle de 18 cm de diamètre puis coulez par-dessus la moitié de la crème bavaroise.
À l’aide d’une spatule, tapissez les bords du cercle de crème bavaroise puis déposez l’insert (biscuits ver le haut) et appuyez pour faire remonter la bavaroise. Ajoutez un peu de crème si nécessaire.
Placez au congélateur jusqu’à complet durcissement. Laissez décongeler 6 h au frais et sortez 30 min du réfrigérateur avant de servir.


























































































































































































