Choux Framboises, Pistaches & Violette
Je n’avais encore, allez savoir pourquoi, proposé sur le blog une recette de choux garnis ! Je n’en avais d’ailleurs même jamais vraiment fait, repoussant toujours l’occasion à plus tard… Et puis le repas de fin d’année du lycée étant arrivé, je me suis dit que l’occasion était bonne d’enfin s’y mettre ! Au fond, rien de mieux pour contenter beaucoup de monde que ce genre de petits plaisirs. Et puis c’est bon la pâte à chou. Surtout quand les choux sont garnis !
J’étais d’abord parti sur l’idée d’un chou à la fraise, mais comme une de nos collègues, qui officiaient en tant qu’assistante d’éducation, grande amatrice de framboise, nous a annoncé entretemps qu’elle nous quittait vers d’autres aventures, alors j’ai changé mon fusil d’épaule.
Et donc je vous propose aujourd’hui un chou, garni d’un confit dans lequel sont ajoutés quelques éclats de pistaches amenant du croquant. Chou sur lequel on vient pocher délicatement une belle rosace de crème chantilly parfumée à la violette. Une belle association pour un chou des plus délicats.
Variations autour de la pâte à choux :
Conseils et Organisation
Sur les choux
Pour obtenir des choux les plus réguliers possibles, j’ai congelé la pâte à chou (crue) en la pochant dans des moules silicones demi-sphères de Ø 4 cm. Cela permet d’obtenir des choux de même taille tout en facilitant le travail.
J’ai également réalisé un craquelin finement déposé sur le sommet des choux avant cuisson qui permet un développement régulier de la pâte.
En utilisant ces deux techniques, vous pouvez donc organiser votre recette sur le temps que vous souhaitez pour n’avoir que la garniture à réaliser au « dernier » moment. Cependant, cuisez votre pâte à chou le jour même de préférence car les choux ont tendance à ramollir très rapidement.

- Réalisez le confit. Réservez au frais.
- Infusez la violette dans la crème. Réservez au frais.

- Préparez la pâte à choux et cuisez.
- Montez les choux.
Ingrédients & Matériel
Pâte à chou :
- Eau : 125 g
- Lait : 125 g
- Sel : 5 g
- Beurre : 110 g
- Farine : 140 g
- Œuf : 250 g (environ 5 œufs)
Craquelin :
- Farine de Blé : 92 g
- Sucre (complet de préférence) : 92 g
- Beurre mou : 75 g
Confit de Framboises & Pistaches :
- Framboises Fraîches (ou Purée) : 375 g
- Sucre (1) : 35 g
- Pectine NH : 5 g
- Sucre (2) : 15 g
- Pistaches hachées 80 g
Chantilly Mascarpone à la Violette :
- Crème liquide 35%MG : 200 g
- Mascarpone : 100 g
- Sucre : 15 g
- Sirop de violette : PM
Le tout-venant :
- Cul-de-poule
- Poêles & Casseroles
- Balance électronique
- Balance de précision (0,1 g)
- Rouleau à pâtisserie
- Fouet, Maryse & Spatules
- Corne
- Thermomètre électronique
- Tapis de cuisson ou papier sulfurisé
- Papier-film de qualité
Pour la recette :
Cercles, Moules & Récipients :
- Moule Silicone ½ sphère (Ø 3 ou 4 cm)
- Emporte-pièce rond (Ø 3 ou 4 cm)
Coutellerie et Râpes :
- Couteau d’office
- Couteau-scie (à génoise)
Appareils (électriques) :
- Robot pâtissier (fac)
Poche & Douilles :
- Poche à douille : 3
- Douille unie Ø8 et 11 : 1 de chaque
- Douille cannelée Ø14 : 1
Pas à Pas de la Recette
Techniques de base
Le sucre « pectiné » est un simple mélange de sucre et de pectine. Il permet d’éviter la formation de grumeaux lors de l’incorporation de la pectine dans la préparation. Il s’introduit dans un liquide chaud, mais pas bouillant (aux alentours de 50 °C).
La méthode en pas à pas :
Pesez précisément la pectine puis ajoutez le sucre. Mélangez au fouet pour bien la disperser dans le sucre.
Faites chauffer votre préparation. Lorsqu’elle est suffisamment chaude, ajoutez le sucre pectiné et fouettez vivement pour bien la dissoudre. Portez à ébullition et maintenez cette dernière une dizaine de secondes.
La pectine jaune est un gélifiant qu’on utilise pour les pâtes de fruits. Elle donne un résultat plus ferme que la pectine NH, ce qui est l’effet recherché pour une pâte. Elle s’utilise comme sa cousine en la mélangeant préalablement avec une partie du sucre pour éviter qu’elle ne fasse des grumeaux.
Propriétés :
- Elle est non réversible. Si vous faites réchauffer la pâte de fruits, elle ne resolidifiera pas.
- Pour qu’elle agisse, il est nécessaire d’être en milieu acide, d’où l’utilisation de jus de citron.
- Son action est lente. Il faut prévoir un temps de « séchage » d’une journée avant de découper la pâte de fruit.
La pâte à choux, c’est un liquide bouillant, de la matière grasse, de la farine et des œufs. Une fois ce principe respecté, on peut modifier certains paramètres en changeant le ou les liquides, le type de farine ou de matière grasse. Seuls les œufs sont indispensables.
Retenez cependant que si vous sortez des sentiers battus, il faudra très certainement faire varier certains paramètres. Les farines n’absorbent pas la même quantité d’eau, les différentes matières grasses n’ont justement pas le même taux de matière grasse, etc.
Classiquement, on utilise un mélange équivalent d’eau et de lait entier pour confectionner la pâte à choux. Le lait permet d’apporter plus de moelleux et de goût. Cependant, on peut la réaliser entièrement au lait ou à l’eau :
- 100 % Eau : vous obtiendrez une pâte à choux un peu plus sèche et de meilleure tenue, ce qui sera idéal pour des pièces qui doivent être garnies (croquembouche notamment).
- 100 % Lait : vous risquez d’obtenir une pâte trop molle qui risque de s’étaler et de mal se développer. Elle conviendra néanmoins très bien pour les pâtes à choux frites (beignets types pets-de-nonne ou churros) et pochées (les gnocchis à la parisienne).
À noter que vous pouvez aussi incorporer de la crème qui conviendra pour les mignardises (petits choux).
Le beurre reste la meilleure option. Vous pouvez essayer avec de l’huile ou de la margarine. Mais ce sera plus délicat à fabriquer, à cuire, etc.
En revanche pour des gougères salées, la graisse animale (genre graisse de canard), bein c’est top. Découverte d’un atelier chez Michel Guérard.
On peut varier la farine, mais en gardant en mémoire que les farines n’absorbent pas l’humidité de la même manière. Le mieux reste la farine de gruau qui va permettre de s’étirer plus facilement lors de la cuisson et éviter ainsi un éclatement du chou. Une autre farine aura tendance à former la croûte trop rapidement et ne permettra pas un développement régulier des choux.
Ce sont des exhausteurs de goûts, ils permettent également de colorer les choux. Une pincée de chaque peut suffire. Mais pesez quand-même.
On les incorpore entiers, battus en omelette pour faciliter leur incorporation.
La panade est le nom donné à la pâte à choux avant l’introduction des œufs. Elle se forme en faisant bouillir l’eau, le lait, le beurre, le sel et le sucre puis, hors du feu, la farine tamisée. On mélange d’abord au fouet pour faciliter la formation de la panade, puis à la spatule ou à la maryse pour obtenir une pâte homogène.
On cuit alors la panade sur feu vif jusqu’à observer une pellicule se former dans le fond de la casserole. Cette étape est communément appelée le dessèchement de la panade. Cela n’est pas tout à fait exact. Plus que le dessèchement, ce que l’on cherche à obtenir est davantage une première cuisson de l’empois (mélange de farine et d’eau) avant celle au four. Si le seul but était de retirer l’eau de la pâte, il suffirait d’en mettre moins au départ.
C’est la grande question qui taraude le pâtissier amateur. Dois-je mettre tous les œufs ? Un peu plus, un peu moins ? Difficile à juger quand on n’est pas un expert.
Une technique consiste à incorporer tous les œufs, sauf un, puis d’incorporer le dernier au fur et à mesure, si nécessaire. Pour savoir si la pâte est à la bonne texture, on trace à la spatule/maryse/cuillère un sillon dans la pâte. S’il se referme lentement, la pâte est prête.
Mais il existe une technique encore plus fiable, proposée par le MOF Guillaume Mabilleau qui reprend ce que l’on disait auparavant sur le « faux » dessèchement de la panade qui consiste plutôt en une première cuisson de l’empois. Toute l’humidité perdue entre la première ébullition et la cuisson de la panade doit être compensée en eau :
- On détermine la masse totale des ingrédients avant le début de la recette (à l’exception des œufs).
- On mesure la masse de la panade après son dessèchement.
- La différence entre les deux masses correspond à la masse d’eau à ajouter à la panade.
- On peut alors verser l’intégralité des œufs prévue dans la recette.
Une fois les œufs incorporés, on peut alors pocher la pâte à chou sur un tapis de cuisson. Privilégiez un tapis perforé (silpain) qui permet une meilleure aération de la pâte. Il est d’usage de pocher des choux d’environ 3 cm de diamètre. Pensez à pocher les choux en les espaçant suffisamment, car il ne faut pas oublier qu’ils vont se développer à la cuisson.
Avant le passage au four, toujours dans le but d’obtenir un développement régulier du chou, vous pouvez :
- Dorer les choux à l’aide d’un œuf entier.
- Dorer les choux à l’aide d’un jaune d’œuf mélangé à deux ou trois gouttes de crème liquide (Méthode de Patrice Guermonprez, professeur à l’école Ferrandi, idée popularisée par P. Conticini).
- Saupoudrer les choux d’un mélange de beurre de cacao (225 g) et de sucre glace (75 g) :
- Le beurre de cacao, en fondant, va retarder la cuisson de la croûte, permettant le gonflement régulier.
- Le sucre glace va donner du goût, du croquant et de la couleur.
- Surmonter les choux d’un disque de craquelin, de diamètre légèrement inférieur à celui du chou. Il consiste en une pâte à crumble étalée très finement. Sa fine épaisseur lui permet de cuire rapidement et de créer une enveloppe protectrice au-dessus du chou.
Concernant la cuisson, de nombreuses variantes existent. Chaleur tournante, statique, etc. Une fois de plus, la méthode de Guillaume Mabilleau me semble la plus intéressante :
- Une première cuisson à 130 °C (Chaleur tournante) pendant 30 min. La température étant « basse » le chou va avoir le temps de se développer et de gonfler avant que la croûte externe ne soit trop épaisse.
- Une deuxième cuisson à 150 °C (Chaleur tournante) durant 15 min. Il s’agit ici de colorer et d’épaissir la croûte.
- Remarque : comptez 20 à 30 °C de plus pour une chaleur statique.
Le Craquelin pour choux :
Jour 1
Ingrédients :
- Farine de Blé : 92 g
- Sucre (complet de préférence) : 92 g
- Beurre mou : 75 g
Dans un cul-de-poule, mélangez la farine et le sucre puis ajoutez le beurre bien mou et malaxez le tout à la main pour obtenir une pâte homogène. Écrasez-la pour obtenir une galette.
Étalez alors cette pâte entre deux feuilles de papier sulfurisé sur une très fine épaisseur. La plus fine que vous puissiez obtenir (environ 2 mm). Placez au congélateur pour la durcir.
La Pâte à Choux :
Jour 1 ou 2
Ingrédients :
- Eau : 125 g
- Lait : 125 g
- Sel : 5 g
- Beurre : 110 g
- Farine : 140 g
- Œuf : 250 g (environ 5 œufs)
Portez à ébullition le lait, l’eau, le sel et le beurre. À l’ébullition, laissez bouillir une dizaine de secondes. Hors du feu, incorporez la farine en une fois et mélangez vivement.
Remettez la panade sur feu doux et remuez sans cesse la panade à l’aide d’une spatule (en bois si vous avez) jusqu’à apercevoir une fine pellicule entre le fond de la casserole et la panade. Débarrassez dans un cul de poule et laissez refroidir la panade.
On laisse refroidir la panade pour éviter d’incorporer les œufs à chaud. Ils risqueraient de cuire sinon ! L’incorporation se fait en plusieurs fois (autant que vous avez cassé d’œufs) ceci pour pouvoir maîtriser la texture de la pâte.
Cassez les œufs dans un bol et battez-les en omelette. Réservez 50 g de côté. Incorporez une première partie des œufs et mélangez. La panade va se disloquer, c’est normal. Continuez de mélanger jusqu’à obtenir à nouveau une texture lisse.
Lorsque c’est le cas, ajoutez une deuxième partie et mélangez à nouveau. Renouveler trois fois l’opération. En fonction de la texture de la pâte (elle doit former un bec d’oiseau et tomber lentement en ruban) ajoutez les 50 g d’œufs réservés (en partie ou totalité).
Le Confit de Framboise :
Jour 1
Ingrédients :
- Framboises Fraîches (ou Purée) : 375 g
- Sucre (1) : 35 g
- Pectine NH : 5 g
- Sucre (2) : 15 g
- Pistaches hachées 80 g
Mélangez la pectine NH avec le sucre (2). Portez à ébullition le mélange framboises et sucre (1) (en purée, surgelées ou fraîches) et ajoutez le mélange pectine/sucre (2) aux alentours de 50°C.
Faites bouillir en mélangeant constamment une petite minute puis débarrassez et ajoutez les pistaches. Versez dans un récipient et laissez refroidir avant de filmer au contact puis placez au frais pour la nuit.
La Cuisson des Choux :
Jour 2
Sortez le craquelin et, très rapidement, découpez des disques de dimension très légèrement inférieure à celle de votre pâte à choux (1 cm de moins environ, par exemple pour un chou de 4 cm de diamètre, réalisez des disques de 3 cm de diamètre, etc.).
Posez le craquelin au sommet du chou et appuyez légèrement pour le souder à la pâte. Enfournez pour 30 min de cuisson environ. Vérifiez que la pâte à choux est bien cuite, elle doit être bien dorée.
La Chantilly Mascarpone :
Jour 1 et 2
Ingrédients :
- Crème liquide 35%MG : 200 g
- Mascarpone : 100 g
- Sucre : 15 g
- Sirop de violette : PM
La veille, réalisez une infusion crème/violette en faisant bouillir la crème puis en ajoutant le sirop de violette (à doser selon sa puissance et l’intensité que vous recherchez). Filmez et réservez au frais pour la nuit.
Fouettez rapidement dans un cul-de-poule le mascarpone pour le détendre. Ajoutez la crème liquide bien froide. Goûtez et rectifiez en sirop si nécessaire
Foisonnez au robot ou batteur ou simplement au fouet à vitesse moyenne jusqu’à obtenir une crème aérienne et ferme. Serrez avec le sucre. Pochez la chantilly (douille cannelée n° 14) et passez immédiatement aux finitions.
Le Montage des Choux :
Jour 2
À l’aide d’un couteau, réalisez un petit trou à la base du chou puis pochez une généreuse quantité de confit de framboise. Le chou doit éclater.
Déposez le chou sur une plaque, tête en bas, le temps de faire les autres choux. Pochez la chantilly sur le sommet des choux et terminez en déposant quelques éclats de pistaches.






































































































