Une mirabelle déguisée en fleur
Une jolie fleur dans une peau de mirabelle, et cætera. Merci Brassens.
L’un de mes tout premiers entremets du blog. Que j’aime refaire à l’occasion. Et cette dernière était trop belle lorsque je me suis offert le joli moule en forme de rose développé par le mof Guillaume Mabilleau. Je vous propose donc ici deux recettes. Ou tout du moins deux versions du même dessert. La version « classique » en cercle de 20 cm de diamètre et la version Rose. À vous de choisir. Les photos viennent principalement de la version rose. Déjà parce qu’elles sont de meilleure qualité. Et surtout, car elles pèsent moins lourd. Et ce qui devait être un petit blog commence à prendre une petite ampleur. En tout cas en termes de contenu.
Trésor de l’Alsace, mais surtout de la Lorraine, qui en est son principal producteur mondial, la Mirabelle fut d’abord cultivée dans le Midi de la France (le mirabellier étant d’ailleurs originaire de Perse). D’où l’une de ses étymologies (car elle en a plusieurs), Mirabel, ville provençale (qui a donné aussi Mirabeau), dont la signification est « Regarde (mira) ce qui est beau (bel)« . D’où le nom de la version classique. Pour la version rose, les mots joli, beau de la mirabelle et le moule fleur m’ont tout de suite fait penser à Brassens.
Puisque c’est vrai qu’elle est belle la mirabelle. Surtout, quand elle est drapée de vanille. Il ne s’agit ni plus ni moins dans cet article que la revisite de ma tarte vanille et mirabelles dans sa version entremets. Pas vraiment de prises de risques donc.
En plus de la mirabelle et de la vanille, j’ai ajouté un peu d’hypocras, un apéritif ariégeois qui se marie très, très bien avec la mirabelle. Il n’est pas obligatoire et vous pouvez vous en passer. Mais c’est dommage. Si vous n’en trouvez pas (car les mauvais hypocras sont légion), vous pouvez le remplacer par un petit muscat, un Porto blanc ou même, soyons fous, par un Sauternes.
Composition :
- Biscuit pain de Gênes
- Compotée de mirabelles à la vanille et hypocras
- Crème bavaroise à la vanille
- Gels de vanille et de mirabelles (Version rose) ou mirabelles (version classique)
- Flocage blanc
Conseils et Organisation

- Biscuit Pain de Gênes. Réservez au congélateur.
- Compotée Mirabelle. Réservez au congélateur.

- Mousse Vanille.
- Montez l’entremets. Réservez au congélateur.

- Finitions. Laissez décongeler 6 h au frais.
Ingrédients & Matériel
Pain de Gênes :
Il y aura des chutes.
- Pâte d’amande 50 % : 60 g
- Maïzena : 12 g
- Levure chimique : 0,5 g
- Beurre (fondu) : 20 g
- Jaune d’œuf : 15 g
- Œuf : 60 g
- Extrait de vanille : 1 c.à.c
- Amandes effilées
Compote de Mirabelles :
- Mirabelles : 260 g
- Sucre : 15 g
- Sucre pectiné :
- Sucre : 15 g
- Pectine : 4 g
- Hypocras : 15 g
- Vanille en poudre : 1 c.à.c
Effet velours blanc :
- Chocolat Blanc : 140 g
- Beurre de cacao : 60 g
Crème Bavaroise Vanille :
- Lait : 80 g
- Crème (épaisse ou liquide) : 15 g
- Jaune d’œuf : 30 g
- Sucre : 20 g
- Masse gélatine : 24 g
- Gélatine : 4 g
- Eau (hydratation) : 20 g
- Vanille : 1 gousse
- Extrait de vanille : 1 c.à.c
- Crème liquide 35%MG : 240 g
Le tout-venant :
- Cul-de-poule
- Couteau d’office
- Poêles & Casseroles
- Balance électronique
- Balance de précision (0,1 g)
- Fouet, Maryse & Spatules
- Corne & Coupe-pâte
- Thermomètre électronique
- Tapis de cuisson ou papier sulfurisé
- Film Plastique Alimentaire
Pour la recette :
Cercles, Moules & Récipients :
- Moule rose de IllDesign
Appareillages :
- Mixeur plongeant
- Robot pâtissier
- Pistolet à peinture
Pain de Gênes :
Pour un biscuit
- Pâte d’amande 50 % : 60 g
- Maïzena : 12 g
- Levure chimique : 0,5 g
- Beurre (fondu) : 20 g
- Jaune d’œuf : 15 g
- Œuf : 60 g
- Extrait de vanille : 1 c.à.c
- Amandes effilées
Compote de Mirabelles :
- Mirabelles : 350 g
- Sucre : 15 g
- Sucre pectiné :
- Sucre : 25 g
- Pectine : 6 g
- Hypocras : 15 g
- Vanille en poudre : 1 c.à.c
Effet velours blanc :
- Chocolat Blanc : 140 g
- Beurre de cacao : 60 g
Crème Bavaroise Vanille :
- Lait : 120 g
- Crème (épaisse ou liquide) : 22 g
- Jaune d’œuf : 40 g
- Sucre : 30 g
- Masse gélatine : 36 g
- Gélatine : 6 g
- Eau (hydratation) : 30 g
- Vanille : 1 gousse
- Extrait de vanille : 1 c.à.c
- Crème liquide 35%MG : 360 g
Le tout-venant :
- Cul-de-poule
- Couteau d’office
- Poêles & Casseroles
- Balance électronique
- Balance de précision (0,1 g)
- Fouet, Maryse & Spatules
- Corne & Coupe-pâte
- Thermomètre électronique
- Tapis de cuisson ou papier sulfurisé
- Film Plastique Alimentaire
Pour la recette :
Cercles, Moules & Récipients :
- Cercles de ⌀18 et ⌀20 cm
Appareillages :
- Mixeur plongeant
- Robot pâtissier
- Pistolet à peinture
Techniques de Base
Poudre ou feuille ? Cinq ou six fois le poids en eau ? 120 ou 100 blooms ? Bref, tout ce qu’il faut savoir sur la gélatine.
Le degré bloom représente la force ou résistance à l’enfoncement d’une gelée, d’un gel ou d’une solution de gélatine. Les produits achetés dans le commerce (feuille ou poudre) sont compris entre 50 et 300 blooms (la plupart du temps 200 blooms). Plus le bloom est important, plus la gélification sera importante (à masse équivalente).
Calculer la masse de gélatine en fonction du bloom :
Si une recette vous demande 2 g (masse proposée) de gélatine 130 bloom (bloom proposé), mais que vous possédez une gélatine 200 blooms (bloom possédé), il suffit d’effectuer ce calcul (qui n’est pas, à proprement parlé, une règle de trois) pour trouver la masse à peser (masse cherchée) :
La masse de gélatine en feuille correspond à la masse de gélatine en poudre (à bloom équivalent). La seule différence entre les deux types de gélatine est son emploi :
- La gélatine en poudre se réhydrate dans cinq fois sa masse en eau.
- La gélatine en feuille se réhydrate dans un grand volume d’eau froide (puis pressée et essorée).
La gélatine en feuille doit être réhydratée dans un grand volume d’eau froide (et même glacé si possible). On la laisse gonfler 15 min puis on la presse entre les mains et on l’essore pour l’introduire dans une préparation chaude (mais pas bouillante) ou on la fait fondre délicatement dans une casserole.
Une feuille pèse habituellement 2 g, cependant il est préférable de peser la feuille de gélatine, car tous les fabricants ne se valent pas.
La masse gélatine est le nom donné au mélange entre la gélatine en poudre et l’eau servant à sa réhydratation. Contrairement à la gélatine en feuille qu’on réhydrate dans un grand bol d’eau froide, la gélatine en poudre nécessite une pesée précise de l’eau.
La méthode en pas à pas
Préparez la masse gélatine en mélangeant la gélatine en poudre et l’eau d’hydratation. Laissez gonfler au frais.
Au bout d’un bon quart d’heure, faites fondre la gélatine au bain-marie, filtrez puis replacez au frais. Vous pouvez alors utiliser la masse gélatine soit fondue à nouveau au bain-marie, soit solide coupée en morceaux.
Ma préférence (à moi) va à la gélatine refondue, elle s’incorpore plus facilement et surtout, de façon plus homogène.
La gélatine en poudre se réhydrate préférentiellement dans cinq fois sa masse en eau et non six fois comme on le voit très souvent.
La raison en est toute simple. Une fois la préparation décongelée, quelle qu’elle soit, elle va avoir tendance à rendre de l’eau. En ne la réhydratant qu’avec cinq fois sa masse en eau, la gélatine va pouvoir absorber ce surplus d’eau, ce qu’elle ne pourrait pas faire si on l’avait réhydratée avec six fois sa masse en eau.
Le sucre « pectiné » est un simple mélange de sucre et de pectine. Il permet d’éviter la formation de grumeaux lors de l’incorporation de la pectine dans la préparation. Il s’introduit dans un liquide chaud, mais pas bouillant (aux alentours de 50 °C).
La méthode en pas à pas :
Pesez précisément la pectine puis ajoutez le sucre. Mélangez au fouet pour bien la disperser dans le sucre.
Faites chauffer votre préparation. Lorsqu’elle est suffisamment chaude, ajoutez le sucre pectiné et fouettez vivement pour bien la dissoudre. Portez à ébullition et maintenez cette dernière une dizaine de secondes.
La pectine jaune est un gélifiant qu’on utilise pour les pâtes de fruits. Elle donne un résultat plus ferme que la pectine NH, ce qui est l’effet recherché pour une pâte. Elle s’utilise comme sa cousine en la mélangeant préalablement avec une partie du sucre pour éviter qu’elle ne fasse des grumeaux.
Propriétés :
- Elle est non réversible. Si vous faites réchauffer la pâte de fruits, elle ne resolidifiera pas.
- Pour qu’elle agisse, il est nécessaire d’être en milieu acide, d’où l’utilisation de jus de citron.
- Son action est lente. Il faut prévoir un temps de « séchage » d’une journée avant de découper la pâte de fruit.
La vanille est un trésor. On n’en perd pas une once.
La méthode en pas à pas
Posez la gousse de vanille sur la planche à découper puis avec côté non tranchant de la lame, appuyez sur toute la gousse de vanille pour l’aplatir. Cela sera plus simple ensuite de l’entailler.
Avec la pointe du couteau, entaillez la gousse sur toute la longueur puis, à nouveau avec le côté non tranchant, récupérez les grains de vanille en passant la lame sur toute la longueur. Effectuez un second passage si nécessaire.
Poudre de Vanille :
Nettoyez les gousses de vanille épuisées lors d’une recette puis séchez-les avec un linge.
Lorsque vous utilisez votre four pour une recette, placez les gousses séchées dedans une fois qu’il est éteint. La chaleur résiduelle va sécher les gousses. Pour une version plus rapide, mettez-les à sécher dans un four réglé à 80 – 100 °C.
Une fois vos gousses de vanille bien sèches (elles doivent être cassantes) placez-les dans la cuve d’un robot-mixer ou d’un blender. Mixez jusqu’à obtenir une poudre.
Le caviar de vanille :
Ingrédients :
- Gousses de Vanille : 3
- Eau : 34 g
- Sirop de Glucose : 34 g
- Sucre : 17 g
- Pectine Jaune : 4,5 g
Mélangez la pectine jaune avec le sucre. Coupez les gousses de vanille en plusieurs morceaux (sans en retirer les grains auparavant) puis versez-les dans une casserole avec l’eau et le sirop de glucose.
Faites chauffer l’ensemble puis une fois chaud (mais pas encore bouillant) ajoutez le mélange sucre/pectine et mélangez vivement. Portez à ébullition et maintenez-la une quinzaine de seconde.
Déposez l’ensemble dans le robot-coupe et mixez finement puis chinoisez et stockez dans un petit pot en verre. Utilisez pour parfumer chantilly, crème brûlée ou tout simplement un yaourt nature !
Le Nectar de Vanille :
Ingrédients :
- Eau : 80 g
- Sirop de Glucose : 80 g
- Sucre Complet : 20 g
- Sucre Cassonade : 20 g
- Pectine 325NH95 ou NH Nappage : 6 g
- Vanille : 1 gousse
Grattez la gousse de vanille. Mélangez les sucres avec la pectine pour bien la disperser et éviter qu’elle ne fasse des grumeaux. Faites chauffer l’eau, le sirop de glucose et les grains de la gousse de vanille en contrôlant la température.
Lorsque le mélange atteint 50 °C ajoutez le mélange sucres/pectine en pluie tout en mélangeant au fouet. Portez l’ensemble à ébullition et stopper immédiatement la cuisson. Versez en pots et réservez au frais.
Pas à Pas de la Recette
La Compotée de Mirabelles :
Jour n°1
Ingrédients :
- Mirabelles : 260 g
- Sucre : 15 g
- Sucre pectiné :
- Sucre : 15 g
- Pectine : 4 g
- Hypocras : 15 g
- Vanille en poudre : 1 c.à.c
Dénoyautez les mirabelles et faites les chauffer à feu doux avec la vanille dans une casserole pour qu’elles commencent à compoter. À 50-55 °C, ajoutez le sucre pectiné et fouettez pour bien le dissoudre. Portez à belle ébullition. Retirez du feu puis ajoutez l’hypocras.
Coulez dans un cercle à tarte de 18 cm de diamètre (Entremets circulaire) ou de 14 cm de diamètre (Entremets Fleur). Placez au congélateur pour la nuit.
Le Pain de Gênes :
Jour n°1
Ingrédients :
- Pâte d’amande 50 % : 60 g
- Maïzena : 12 g
- Levure chimique : 0,5 g
- Beurre (fondu) : 20 g
- Jaune d’œuf : 15 g
- Œuf : 60 g
- Extrait de vanille : 1 c.à.c
- Amandes effilées
Faites fondre le beurre et réservez pour qu’il tiédisse. Ramollissez quelques secondes au micro-ondes à puissance maximum la pâte d’amandes pour qu’elle soit plus facile à travailler.
Placez-la avec les jaunes d’œufs dans la cuve du robot muni du fouet et montez l’ensemble pour qu’il soit bien mousseux. Ajoutez les œufs entiers et la vanille liquide puis fouettez pendant une bonne dizaine de minutes.
Ajoutez la fécule de maïs tamisée avec la levure et mélangez avec une maryse délicatement. Ajoutez le beurre fondu et mélangez toujours à la maryse et toujours délicatement.
Beurrez et farinez un cercle ou moule de 20 cm de diamètre environ puis disposez-les sur une plaque munie d’un papier sulfurisé ou d’un tapis de cuisson. Tapissez-le avec les amandes effilées et enfournez immédiatement pour 30 min.
Laissez refroidir avant de décercler ou de démouler le biscuit puis détailler le biscuit (18 cm pour le cercle, 14 cm pour la fleur).
La Crème Bavaroise à la Vanille :
Jour n°2
Ingrédients :
- Lait : 120 g
- Crème (épaisse ou liquide) : 22 g
- Jaune d’œuf : 40 g
- Sucre : 30 g
- Masse gélatine : 36 g
- Gélatine : 6 g
- Eau (hydratation) : 30 g
- Vanille : 1 gousse
- Extrait de vanille : 1 c.à.c
- Crème liquide 35%MG : 360 g
Faites infuser la vanille dans le lait et la crème (les 22 g) en chauffant à feu doux. Inutile de faire bouillir. Dans un cul de poule, fouettez les jaunes d’œufs avec le sucre jusqu’à ce que le mélange soit bien mousseux.
Versez le lait chaud sur les jaunes mousseux, mélangez puis reversez dans la casserole et faites cuire comme une crème anglaise à 83 °C. Hors du feu, incorporez la gélatine puis laissez refroidir jusqu’à 25 °C.
À ce moment-là, montez la crème liquide en crème fouettée sans qu’elle soit trop ferme. Incorporez-la en quatre fois : une première fois au fouet pour obtenir un mélange proche de la mousse puis en trois fois délicatement à la maryse pour ne pas faire retomber la crème fouettée. Passez immédiatement au montage.
Le Montage de l’Entremets :
Jour n°2
Ingrédients :
- Le Biscuit Pain de Gênes
- L’insert mirabelle
- La crème bavaroise
Préparation du cercle
Filmez un cercle à entremets de 20 cm de diamètre. Positionnez-le sur une tourtière ou plaque de cuisson puis chemisez-le à l’aide d’une bande rhodoïd d’au moins 6 cm de haut.
À l’aide d’une spatule, tapissez les bords du cercle (ou les parois du moule fleur) pour éviter les éventuelles bulles d’air. Déposez l’insert mirabelle puis ajoutez le reste de crème.
Terminez en ajoutant le biscuit retaillé aux dimensions du moule et appuyez pour faire remonter la mousse. Lissez avec une spatule. Placez au congélateur pour la nuit.
Le flocage de l’entremets :
Jour J
Faites chauffer au bain-marie le mélange chocolat blanc et beurre de cacao. Nul besoin de tempérer le chocolat. Le mélange doit être bien chaud (50 °C au moins), c’est tout.
Versez le mélange dans un pot (réchauffé) pouvant rentrer dans la cuve du pistolet. Versez un peu d’eau chaude dans la cuve du pistolet puis ajoutez le pot avec le mélange (pour réaliser une sorte de bain-marie).
Sortez l’entremets du congélateur, placez-le sur une grille (elle-même si possible sur un plateau tournant) et dans un endroit qui ne craint pas d’être sali (le lave-vaisselle, la douche, une boite à carton, la chambre d’un ado, etc.).
Placez le pistolet à une vingtaine de centimètres de l’entremets. Pulvériser le flocage sur une paroi, pour éviter les crachats de flocage classique lors de la première pulvérisation, puis floquez l’entremets sans vous arrêter en restant à distance et en tournant autour de l’entremets. Laissez décongeler 6 h au frais.
Décorez selon votre fantaisie. J’ai ajouté deux gels, l’un de mirabelle (en prenant les proportions de celui-ci), l’autre de vanille (en prenant les proportions de celui-ci).
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