Pavê aux Abricots, Miel et Romarin
Le pavê est un dessert originaire du Brésil. Il est le cousin un peu éloigné de notre tiramisu européen. Dans sa version traditionnelle, il est composé de trois couches superposées, une crème au lait concentré, des biscuits imbibés au chocolat et une meringue à la crème fraîche. C’est délicieux.
Maintenant le grand avantage de ce genre de dessert, c’est qu’on peut le twister à l’infini. Et, comme pour mon live avec Philippe Conticini, je devais en réaliser deux, l’occasion était trop belle pour ne pas en proposer une deuxième version. Voici donc le mariage classique, mais toujours heureux, de l’abricot, du romarin et du miel.
Conseils et Organisation
Sur la crème anglaise au lait concentré
La cuisson de la crème est très certainement l’étape la plus compliquée du dessert. Il s’agit d’une sorte de crème anglaise que l’on cuit cependant comme une crème pâtissière !
Elle est réalisée à partir d’un mélange de lait concentré, lait frais et jaune d’œuf que l’on fait chauffer jusqu’à la première ébullition. On dépasse donc la barre fatidique de 83 °C. Barrière infranchissable pour qui veut réaliser une crème anglaise dans les règles de l’art et éviter surtout un goût désagréable d’omelette dû à la coagulation des jaunes d’œufs.
Si la crème pâtissière peut aller jusqu’à l’ébullition, c’est qu’elle possède, contrairement à sa cousine britannique, de la farine ou de l’amidon de maïs (Maïzena). Mais ici point question d’un tel ajout (bien que certaines recettes glanées sur le net en ajoutent). On pousse donc la cuisson jusqu’à son extrême limite et l’on s’arrête lorsque les premiers bouillons voient le jour.
Vous devriez alors sentir (plus que voir) que la crème a tendance à épaissir (votre spatule ou votre fouet rencontre un peu plus de résistance). Et là par contre, on s’arrête. N’ayez pas la tentation de continuer pour obtenir les mêmes sillons dans la crème lorsque vous réalisez la crème pâtissière. Elle s’épaissira quand même, rassurez-vous. Versez-la dans le plat et laissez-lui simplement un peu de repos. Au frais. Une nuit. Le lendemain, elle sera parfaite. Une cuisson trop longue et là effectivement, vous l’aurez le goût de l’œuf.

- Infusez le romarin dans le lait. Réservez au frais.

- Préparez la crème au lait concentré. Réservez au frais.
- Préparez le coulis d’abricots.

- Préparez le reste des préparations.
Ingrédients & Matériel
Crème au lait Concentré :
- Lait concentré sucré (Nestlé®️) : 1 boite (soit 390 g)
- Lait Frais Entier ou ½ écrémé : La mesure du pot de lait concentré (soit 300 g)
- Jaune d’œuf : 4
- Romarin : 1 branche
Coulis d’Abricots au Miel et Romarin :
- Abricots (dénoyautés) : 450 g
- Miel (Acacia) : 30 g
- Romarin : 1 branche
- Biscuits à la Cuillère : Entre 15 et 20 (selon la taille du plat et des biscuits)
Abricots Rôtis au Miel et Romarin :
- Abricots : 5
- Miel : 3 c.à.c
- Huile d’olive : 3 c.à.c
- Romarin : 1 branche
- Pistaches et Amandes Caramélisées au miel
Blancs Montés à la Crème Fraîche :
- Blanc d’œuf : 4
- Crème fraîche (épaisse) : 250 g
- Sucre : 4 c.à.s
- Miel : 25 g
Le tout-venant :
- Cul-de-poule
- Poêles & Casseroles
- Balance électronique
- Fouet, Maryse & Spatules
- Corne & Coupe-pâte
- Tapis de cuisson ou papier sulfurisé
- Film Plastique Alimentaire
Pour la recette :
Cercles, Moules & Récipients :
- Moule à Manqué de Ø26 cm
Appareillages :
- Robot pâtissier
- Batteur électrique
Poche & Douilles : (si réalisation des biscuits cuillères)
- Poche à douille : 1
- Douille unie Ø8 ou 10 mm : 1
Pas à Pas de la Recette
Vous trouverez dans les onglets suivants, les différentes recettes, techniques et autres conseils autour de certains produits spécifiques nécessaires à la recette :
Utilisation de la gélatine en poudre, de la pectine, fabrication d’un praliné, abaisse et cuisson d’une pâte, et bien d’autres encore.
Sur le choix du lait et de la crème
La crème anglaise, par tradition, doit obligatoirement être faite avec du lait et non un mélange de crème et lait, ou uniquement de crème. Cependant, rien n’empêche l’utilisation de cette dernière. La crème sera plus riche et un peu plus épaisse.
Quoi qu’il en soit, la quantité ne change pas, ici 250 g. Par exemple, 125 g de lait et 125 g de crème. Etc.
Sur la très célèbre phrase « Ne dépassez pas les 84 °C ».
Celle-ci doit se faire avec précaution ! Toute la difficulté réside à ne pas dépasser la température de 84 °C.
On parle souvent de la coagulation de l’œuf pour répondre à la question. C’est vrai, mais un peu incomplet. Voire d’éviter la coagulation de l’œuf. Ça par contre, c’est faux. L’œuf est constitué de blanc et de jaune. Ces deux éléments contiennent des protéines qui coagulent à des températures différentes :
- Le blanc, seul, commence sa coagulation à 60 °C et devient solide à 65 °C.
- Le jaune, seul, commence sa coagulation à 62 °C et devient solide à 70 °C.
- L’œuf entier coagule à environ 69 °C.
70 °C pour le jaune. Mais alors du coup, 84 °C, on est un peu foutu si on va jusqu’à cette température ?!
Bein non, car il se trouve que le jaune ne cuit pas tout seul. Le lait ou la crème qui l’accompagnent, grâce aux matières grasses qu’ils contiennent, retarde sa coagulation qui se situe désormais aux alentours de 80 °C.
Mais les œufs ne sont pas les seuls à contenir des protéines, le lait et la crème aussi. Et celles-ci terminent également leur coagulation aux alentours de 80 °C. D’où la nécessité de poursuivre jusqu’à cette température.
Mais alors que se passe-t-il si on dépasse 84 °C ? La crème anglaise va commencer à grainer, les protéines du lait et des jaunes se solidifiant en petites particules. Et là, c’est foutu. Bien que l’on puisse la rattraper en lui donnant un coup de mixeur plongeant, ce qui aura pour effet de lui rendre son côté lisse. Mais elle perdra son onctuosité et sera trop fluide.
Pour une sauce ça passe. Pour réaliser une crème bavaroise par contre, c’est un peu limite. Il vaut mieux recommencer.
Sur la maîtrise de la cuisson
Le pourquoi du 84 °C expliqué ci-dessus, comment alors mettre toutes les chances de son côté ?
Règle n°1 : Mélange et Vannage sont les deux mamelles de la crème anglaise
Pour commencer, quelle que soit la technique, on opte pour une cuisson douce à petit feu. Ensuite, on mélange constamment et pas juste de temps en temps. Traditionnellement à la spatule en bois, mais une spatule en exoglass ou plastique fera parfaitement l’affaire. Et en vannant. C’est-à-dire en mélangeant en formant des 8, pour que la crème soit uniformément cuite.
Règle n°2 : Cuisson directe ou indirecte ?
Si on travaille avec de petites quantités (moins de 150 g de lait), il est préférable de cuire la crème au bain-marie plutôt que directement sur le feu. Avec une grande casserole, l’épaisseur de liquide étant trop faible, la crème chaufferait trop rapidement. À l’inverse, avec une casserole toute petite, il deviendrait difficile de mélanger convenablement.
Règle n°3 : Contrôler la température
Pour contrôler la température, deux options :
- Le thermomètre de cuisson. Aujourd’hui, on en trouve très facilement en grande surface pour des sommes relativement modique (une quinzaine d’euros). Je ne peux que vous encourager à en faire l’acquisition si vous souhaitez vous lancer dans quelques réalisations pâtissières.
- La Cuisson à la Nappe. Si on ne possède pas de thermomètre, c’est là que la spatule en bois a son utilité. La cuisson à la nappe signifie qu’on cuit la crème jusqu’à ce qu’elle nappe la spatule. Avec le doigt, on trace alors un sillon dans la crème nappant la spatule. Si la crème recouvre le sillon, alors la cuisson n’est pas finie. Au contraire, si le sillon reste propre, alors, il est temps de s’arrêter.
Visuellement, une méthode permettant de savoir quand on arrive à la bonne température consiste à observer qu’au cours de la cuisson une mousse se forme sur le dessus de la crème. Lorsqu’on atteint la température voulue, cette mousse disparait.
Mais ça reste assez empirique.
Achetez un thermomètre.
La Pâte à Biscuit Cuillère :
Ingrédients :
- Blanc d’œuf : 3
- Sucre : 75 g
- Jaune d’œuf : 4
- Farine T55 : 55 g
- Maïzena : 55 g
Mélangez et Tamisez la farine et la fécule. Dans un cul-de-poule, fouettez les jaunes d’œuf et passez-les à travers un tamis ou une passoire pour qu’ils se mélangent plus facilement par la suite.
Montez les blancs en neige (pas trop ferme pour faciliter l’incorporation des œufs puis des matières sèches) en les serrant progressivement avec le sucre en poudre. Incorporez alors les jaunes d’œufs filtrés et mélangez le tout délicatement à la maryse pour ne pas faire retomber les blancs.
Incorporez enfin le mélange farine et Maïzena tamisés et mélangez à la maryse toujours délicatement jusqu’à obtenir une pâte homogène. Placez dans une poche à douille munie d’une douille de diamètre 8 ou 10 mm.
Couchez les biscuits sur une plaque de cuisson munie d’une toile de cuisson ou de papier sulfurisé à la taille et l’épaisseur désirée (entre 7 et 12 cm). Veillez à les espacer lors du couchage, car ils vont gonfler lors de la cuisson.
Saupoudrez de sucre glace (généreusement) et laissez-le fondre puis saupoudrez à nouveau juste avant d’enfourner pour 10 minutes de cuisson.
Une fois cuits, décollez les biscuits à l’aide d’une spatule et faites-les refroidir sur une grille. Saupoudrez-les à nouveau de sucre glace.
La Crème Anglaise au Romarin :
Jour 1
Ingrédients :
- Lait concentré sucré (Nestlé®️) : 1 boite (soit 390 g)
- Lait Frais Entier ou ½ écrémé : La mesure du pot de lait concentré (soit 300 g)
- Jaune d’œuf : 4
- Romarin : 1 branche
La veille de la réalisation de la crème, faites chauffer 350 g de lait frais et portez à ébullition. Hors du feu, ajoutez le romarin puis filmez au contact, laissez refroidir à température ambiante puis réservez au frais pour la nuit.
Le lendemain, dans un cul de poule, battez les jaunes d’œufs en omelette puis ajoutez le lait concentré et le lait parfumé au romarin (mesurez la quantité en remplissant totalement de lait la boite de lait concentré).
Fouettez pour homogénéiser l’ensemble puis versez dans une casserole assez large. Chauffez à feu doux jusqu’à la première ébullition en mélangeant constamment pour ne pas que la crème accroche. Versez dans le plat à gratin, filmez et laissez refroidir à température ambiante puis au frais. Dans l’idéal, réalisez cette crème la veille et laissez une nuit au frais.
Le Coulis Abricot et Miel :
Jour 1
Ingrédients :
- Abricots (dénoyautés) : 450 g
- Miel (Acacia) : 30 g
- Romarin : 1 branche
- Biscuits à la Cuillère : Entre 15 et 20 (selon la taille du plat et des biscuits)
Coupez les abricots en quartiers puis en petits morceaux et mixez-les au blender pour obtenir une pulpe d’abricot bien lisse.
Versez la pulpe dans une casserole, ajoutez le miel et portez à ébullition. Hors du feu, incorporez le romarin puis transvasez dans un récipient. Laissez refroidir jusqu’à l’arrêt des vapeurs puis filmez au contact et réservez au frais pour la nuit.
L’imbibage des biscuits :
Jour 2
Chinoisez le coulis pour ne garder que le jus des abricots. Goûter et rectifiez l’assaisonnement en miel si nécessaire. Sortez le plat de service du frais puis imbibez un à un les biscuits dans le coulis d’abricots avant de les déposer sur la crème au lait concentré.
Recouvrez intégralement le plat de service de biscuits puis versez le restant de coulis et lissez à la spatule pour le répartir. Replacez au frais.
Les Blancs Montés à la Crème :
Jour 2
Ingrédients :
- Blanc d’œuf : 4
- Crème fraîche (épaisse) : 250 g
- Sucre : 4 c.à.s
- Miel : 25 g
Montez les blancs d’œufs tempérés en neige (pas trop fermes) en les serrant progressivement avec le sucre.
Versez délicatement la crème fraîche épaisse au miel sur les blancs puis mélangez délicatement à la maryse pour ne pas faire retomber les blancs. Déposez ce mélange sur les biscuits, lissez puis réservez au frais.
Les Abricots Rôtis :
Jour 2

Ingrédients :
- Abricots : 5
- Miel : 3 c.à.c
- Huile d’olive : 3 c.à.c
- Romarin : 1 branche
- Pistaches et Amandes Caramélisées au miel
Dénoyautez puis coupez les abricots en quartier puis à nouveau en deux. Faites mousser l’huile et le miel dans une poêle puis ajoutez les brins de romarin et laissez cuire quelques instants en remuant.
Ajoutez les quartiers d’abricots et faites-les rôtir quelques instants sur les deux faces en prenant garde de ne pas les réduire en compote. Réservez.
Dans la même poêle, versez à nouveau une à deux cuillères à café de miel puis ajoutez quelques éclats de pistaches et d’amandes et faites-les caraméliser quelques instants. Déposez harmonieusement les quartiers d’abricots rôtis et les éclats de fruits secs caramélisés sur le pavê. Décorez de quelques brins de romarin et conservez au frais jusqu’à la dégustation.
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